Vous reprendrez bien une guerre mondiale?
Soyons clair: la théorie d'un départ accidentel des missiles
de 2053 ne tient pas debout très longtemps. Il est tout aussi clair que
le coup d'État qui, le même jour, porte Gabriel Fore à la
tête de la Confédération Asiatique est un peu plus qu'une
simple coïncidence. Maintenant, lier ces deux événements par
une liaision de cause à effet est un peu plus compliqué. En fait,
c'est surtout un peu trop facile, surtout au vu des actions suivantes de la Fédération
des Hautes-Terres. Le problème est qu'on n'a jamais vraiment pu prouver
que Gabriel Fore était derrière les tirs, ou s'il n'a pas simplement
profité de l'action terroriste.
Quoi qu'il en soit, l'émergence de la Fédération des Hautes-Terres
est l'événement majeur du 21e siécle. D'abord, parce qu'elle
manque de peu la conquête globale de la planète, ensuite parce que
c'est la première nation à se construire autour d'un projet de reconstruction
biologique et sociale de l'humanité (seconde si on compte l'Allemagne nazie,
mais cette dernière n'avait pas réellement les moyens techniques
pour cela), et surtout la première à s'orienter résolument
vers les étoiles.
La stratégie de conquête de la Fédération impressionne:
elle parvient à faire entrer l'Australie et l'Afrique dans son giron quasiment
sans combattre et entre en guerre contre l'Islam et l'Amérique avec presque
toutes les cartes en main. Beaucoup de Conspirationnistes pensent d'ailleurs que
Fore et ses séides avaient préparé leur coup bien avant leur
prise de pouvoir -- peut-être même avant la Troisième guerre
mondiale, disent les plus paranoïaques. Et lorsqu'il s'agit de frapper militairement,
elle aligne des armes et des tactiques qui ont vingt ans d'avance sur tout le
monde...
2053 (6-97-78): Alors que ce qui semble être une résurrection
accidentelle de missiles soviétiques vieux de soixante ans détruit
plusieurs sites, dont la capitale américaine Caracas, un coup d'État
abat au même moment la Confédération Asiatique. Instigateur
du coup, Gabriel Fore prend le contrôle de la Fédération
des Hautes-Terres.
2055 (6-97-80)
(14 décembre): Le continent européen étant de
nouveau sur les rotules, une réunion extraordinaire du CSM est consacrée
au problème. Sur une proposition de Jacob Delacroix (délégué
de la Confédération Helvétique), tous les États d'Europe
se fondent en une Confédération Européenne. Seule
la Scandinavie rejette le projet, se donnant un délai de réflexion
de vingt-cinq ans
(1er novembre): Pendant ce temps, les États-Unis, en pourparlers
ultra-secrets avec les NAUS depuis 2054, proposent un plan sur quinze ans
en vue d'une possible réunification des Etats-Unis d'Amérique. Le
Texas et la plupart des états nouvellement indépendants ne veulent
évidemment pas en entendre parler. Les États-Unis du Sud sont cependant
admis à siéger aux NAUS en qualité "d'observateurs
étrangers".
2056:
(13 mars -- 4 avril): Courageuse, mais brève tentative d'abolition
du V-Duelling, pour faire bonne impression auprès des émissaires
sud-américains. À l'origine prévue pour durer six mois, l'expérience
fut tellement mal accueillie par la population qu'elle est arrêtée
au bout de trois semaines.
2057 (6-97-82): La découverte d'une charge thermonucléaire
à fusion non explosée au large de Marseille révèle
au monde entier que c'est bien de la Fédération des Hautes-Terres
que sont partis les missiles de 2053. Du coup, tout le CSM boycotte ladite Fédération
et rappelle ses ambassadeurs.
2061 (6-97-86): Prétextant un incident de frontière mineur,
la Fédération des Hautes-Terres rentre au Pakistan (Empire Islamique),
au sens propre comme au sens figuré. Israël attaque simulatément
et de l'intérieur les défenses islamiques. En neuf mois, la Fédération
se rend maître de l'Empire et reconnaît l'État d'Israël,
réinstallé dans des frontières élargies. Alors que
l'empereur déchu part en exil en Australie, le CSM ne peut que décrèter
les sempiternelles sanctions économiques.
2062 (6-97-87): Coup de théâtre au CSM! L'Australie annonce
son rattachement, par voie de référendum, à la Fédération
des Hautes-Terres et par là-même son départ du Conseil. L'ex-empereur
d'Islam échappe de peu à l'extradition en se réfugiant en
quatrième vitesse à Quito (États-Unis).
2064 (6-97-89): Au CEPMES, la République Eyldarin demande instamment,
pour la énième fois, le lancement de la "procédure d'accueil"
pour les États terriens pour empêcher qu'ils ne fassent d'autres
bêtises. Cette procédure ne peut être initiée que lorsque
l'État peut rentrer en contact avec le CEPMES par ses propres moyens, ce
qui n'est manifestement pas le cas. Le CEPMES repousse la demande eyldarin, principalement
par respect pour la procédure, mais aussi parce que les Terriens apparaîssent
aux délégués comme une belle bande d'excités...
2065 (6-97-90): Des accords "plus-secrets-tu-meurs" sont passés
entre le président américain de l'époque, Eduardo Della Montes,
et la République Eyldarin, portant sur une intégration possible
des États-Unis Sud-Américains au CEPMES. En conséquence,
les Américains lancent un gigantesque et ambitieux programme spatial pour
l'horizon 2075. À noter une participation des États des NAUS
à ce programme -- en secret, bien entendu!..
2068 (6-97-93): Un pseudo-attentat indépendantiste sert d'excuse
à la Fédération des Hautes-Terres pour attaquer -- et défaire
en moins de trois mois -- la République Panafricaine. Au CSM, la nouvelle
fait à peu près le même effet qu'une roquette dans une cathédrale.
L'organisation vote à l'unanimité de ses trois membres (États-Unis,
Europe et Scandinavie, plus Copacabana et Singapour, mais bon...) des mesures
de défense militaire pour les trois pays. À peu près à
la même époque, formation dans les ex-ghettos sud-africains de ce
que les médias appelleront par la suite le Rowaan PowerForce,
mouvement armé de lutte anti-anti-mutants en général et anti-altoterrien
en particulier.
2071 (6-97-96)
(16 juin): L'avion du président sud-américain
Eduardo Della Montes est abattu par des avions "inconnus". Deuxième
victime du conflit, l'ex-Shah meurt d'une crise cardiaque en apprenant
la nouvelle.
(17 juin): Profitant du choc ainsi causé, toute l'armée
de la Fédération des Hautes-Terres se lance à l'assaut du
sous-continent. C'est là le début d'une des guerres les plus violentes
qu'aient connus les Américains; conformément aux accords de 2068,
la Confédération Européenne et la Scandinavie envoient leurs
propres troupes en renforts. Quelques unités des NAUS arrivent elles
aussi, mais il est trop tard pour changer la situation.
(28 novembre): Alors que la guerre s'enlise peu à peu en des
combats de rues dans toutes les grandes villes américaines, la plupart
des troupes étrangères reçoivent l'ordre de se retirer, la
situation étant désespérée. Le gouvernement américain
fait évacuer un bon millier de "cerveaux" vers les États
du nord.
2072 (6-97-97)
(16 février): Les dernières troupes américaines
se replient en République Socialiste Centre-Américaine ou se rendent.
Les Altoterriens controlent toute l'Amérique du sud.
Il paraît que, après la rédition des dernières troupes
américaines, Gabriel Fore dit "jusqu'ici, ça va". Après,
c'est allé moins bien. Le principal problème que rencontrent les
Altoterriens vient d'une méconnaissance du terrain: pour tout le monde,
les États-Unis du nord avaient cessé d'exister peu après
le 25 décembre 1992, et l'Europe n'était qu'un champ de ruine ou
les champignons brillent la nuit.
En fait, tant au niveau militaire que technologique, les NAUS tiennent tête
à la Fédération des Hautes-Terres, et l'Europe ne tarde pas
à bénéficier des mêmes technologies, en plus de l'exode
massif des cerveaux islamistes et africains. Mais la principale raison qui poussa
Gabriel Fore à ne pas mener plus loin son offensive est autre: en admettant
arriver à vaincre ces deux irréductibles, il lui aurait fallu déployer
tout autant, voire plus d'énergie pour les garder dans son giron. Or, la
Fédération des Hautes-Terres mène une guerre de conquête,
pas d'annihilation.
L'alliance entre NAUS et Europe se concrétise par la résurrection
d'un machin vieux de plus d'un siècle, qui prend pour nom Alliance Nord-Atlantique.
Il s'agit alors d'une alliance exclusivement militaire, basée sur des échanges
de technologies et d'un pacte de défense multilatéral contre les
affreux Altoterrien, bouh! qu'ils sont laids! Une conséquence secondaire
de ces accords est l'introduction en Europe et en Scandinavie du V-Duelling
en tant que sport et de ses dérivés. Quelques États-Cantons
vont jusqu'à légaliser l'armement personnel et véhiculaire;
l'Ukraine va même jusqu'à rendre un armement minimum pour véhicules
et citoyens obligatoire, pour répondre à l'insécurité
due aux nombreuses armées pirates rôdant dans la région.
C'est aussi à cette époque que commencent les prémisses
de la course aux étoiles entre Altoterriens et ANA. Depuis 2070 déjà,
l'existence de civilisations extra-solaires est un secret de polichinelle -- en
tous cas pour les dirigeants. La Fédération des Hautes-Terres reprend
à son compte le programme spatial américain et propose aux autres
pays de participer à ce projet; bien évidemment, ils se feront envoyer
paître... Elle annonce la création d'une base permanente sur Titan,
satellite de Jupiter, et la mise au point d'un vaisseau supraluminique pour la
fin du 21e siècle
Les Européens et les Américains, eux, pédalent comme des
malades pour essayer de combler leur retard; les États extra-terrestres
n'ayant pas le droit de leur livrer du matériel de ce genre, ils en sont
réduits à se creuser le plot tout seuls. Ils annoncent tout de même
la mise en chantier d'un gigantesque spatioport, qui se heurte d'ailleurs à
la pression de plusieurs groupes écolos. Pour finir, le projet définitif
est lancé à trente kilomètres au large de Brest, sur une
île artificielle.
C'est en définitive cette rivalité spatiale qui conduira à
la conclusion de la Quatrième guerre mondiale, même si ce sont les
élections scandinaves qui en seront le déclencheur. Avec un enjeu
de taille (le nouveau président devra prendre une décision quant
à l'intégration de la Scandinavie à la Confédération
Européenne), les élections présidentielles en Scandinavie
tournent rapidement en un chaos complet. Plusieurs incidents violents, qui font
de nombreux morts, ponctuent la campagne. Lorsque la Fédération
des Hautes-Terres prend le contrôle du pays, c'en est un peu trop pour le
légendaire flegme européen! L'armée tente de couper tout
soutien à la Fédération en bloquant les provinces baltes;
les Américains débarquent en Laponie et descendent sur la Suède
et la Norvège. Manque de bol, les Altoterriens, voulant sans doute se venger
de leur défaite centre-américaine, ont débarqué en
force.
Il faudra attendre la contre-offensive de 2089 pour que la guerre s'arrête
enfin, concrétisant la perte pour l'Europe de la Scandinavie. Cette demi-défaite
reste comme une blessure en Europe: c'est la cinquième étoile, grisée,
sur le drapeau européen. Les Accords de Tel-Aviv, en 2090, mettent fin
à près de 180 ans d'état de guerre quasi-ininterrompu, ayant
causé la mort de près de quatre milliards de personnes (record international
de la catégorie).
2072 (6-97-97)
(1er décembre): L'armée altoterrienne rentre en collision
frontale avec la première Ligne de défense américaine à
Panama. Personne ne fait de constat à l'amiable.
2074 (6-97-99): La Fédération se demande sur quel os ils
sont tombés. En face, ils ont un bon tiers de la population américaine,
plus un gros bout de l'ancienne armée du sud, plus quelques éléments
des armées européennes et scandinaves, le tout équipé
d'armes tout ce qu'il y a de plus modernes, luttant sur son propre terrain.
(21 décembre): Pour tout arranger, Kelvin Altahuana, ex-meneur
des Révoltes de 2012 et plusieurs fois Mayor de Copacabana (et accessoirement
de souche eyldarin), lance un ultimatum à la Fédération:
"Retirez-vous de Rio de Janeiro et reconnaissez l'indépendance de
la Ville Libre de Copacabana avant que ça tourne mal!"
2075 (6-97-100): Après que ça eut mal tourné, la
Fédération s'aperçoit qu'elle ne peut décemment pas
se permettre un deuxième front en Amérique. Elle se retire à
contre-coeur de Rio de Janeiro et reconnaît officiellement la Ville Libre
de Copacabana. Il est à noter que le soulèvement ne fut pas
seulement le fait de la communauté "mutante" de Copa, mais celui
de toute la population de Rio de Janeiro.
(août): L'armée altoterrienne doit se retirer d'Amérique
centrale, après n'avoir réussi à avancer que de cinquante
kilomètres en trois ans. Le Traité de Panama règle définitivement
la frontière entre NAUS et Fédération des Hautes-Terres.
"Au sud, c'est Eux; au nord, c'est Nous", déclarera le Président
Jose Montaigu...
2076 (6-97-101): Le CSM cède sa place à l'Alliance Nord-Atlantique
(ANA; en anglais NAA), entre les NAUS, la Confédération
Européenne et la Scandinavie.
2084 (6-97-109): La mise en orbite d'une station militaire de l'Alliance
Nord-Atlantique dans un secteur de l'espace que les Altoterriens revendiquaient
marque le début de la Seconde guerre froide.
2086 (6-97-111):
(28 avril): Élection de Bjorn Birkenfest, candidat pro-européen
à la présidence scandinave.
(13 mai): Suite à la multiplication d'attentats terroriste, le
président demande l'aide de l'armée européennne pour permettre
de rétablir un semblant d'ordre dans son pays.
(15 mai): Le président Birkenfest est tué lors de l'attaque
du palais présidentiel par des "éléments incontrôlés"
pro-altoterrien et la Fédération des Hautes-Terres prend le contrôle
du pays.
2087 (6-97-112): Au début de l'année, devant l'importance
des raids sur l'est de l'Europe, l'état-major de l'Alliance Nord-Atlantique
décide un repli défensif des forces armées et la mobilisation
générale en Europe. Les NAUS se mettent eux aussi en alerte,
on ne sait jamais, avec ces Altoterriens...
2089 (6-97-114): Après deux années de statu quo, les forces
de l'ANA lance une hénaurme contre-attaque. Dans l'année, Varsovie,
Bucarest, Leningrad et finalement Moscou sont reprises par les forces européennes
et américaines. À la fin de l'année, la Fédération
des Hautes-Terres propose l'ouverture de négociations de paix.
2090 (6-97-115): Signature des Accords de Tel-Aviv, qui définit
les nouvelles frontières de l'Europe. La Scandinavie est laissée
à la Fédération malgré toutes les démarches
européennes dans le sens contraire.
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