On prend les mêmes et on recommence: La Troisième guerre stellaire
Il faut dire ce qui est: les Altoterriens sont des gens têtus. Pas forcément
très malins mais têtus. La construction de la deuxième, puis
de la troisième flotte altoterrienne relance l'agacement du CEPMES. Tout le
monde pense que c'est de nouveau pour régler le problème d'Alt,
la communauté internationale, franchement blasée, ignore le problème.
C'est une erreur: la Fédération en ayant marre de voir son expansion
coloniale stoppée depuis plus de quinze ans par une saleté-de-planète-à-la-noix-de-coco-pas-mûre,
décide de s'attaquer à quelque chose de plus gros qu'elle, pensant
qu'elle aurait peut-être moins de problèmes. Du coup, c'est le Haut-Commandement
Karlan qui fait les frais du changement de tactique altoterrienne. Les Karlan sont
modérément enthousiastes, le CEPMES franchement fâché
et l'opinion publique passablement abasourdie par ce changement de tactique.
Le soupir de soulagement généralisé ("c'est
pas sur nous qu'ils tapent...") ne dure pas. Quatre ans après son
début, la guerre que se livrent la Fédération des Hautes-Terres
et le Haut-Commandement Karlan prend de telles proportions que l'équilibre
politique de la Sphère s'en trouve compromis. La Force d'Interposition
n'étant pas encore opérationnelle, le CEPMES fait tout pour parvenir
à un cessez-le-feu; c'est chose faite en novembre 2145. Tout le monde dans
la Sphère se doute que c'est du moins-que-temporaire, alors on profite
de cette belle période de paix en s'attendant au pire pour dans pas longtemps.
Pas longtemps plus tard, le pire arrive sous la forme tant attendue d'une rupture
du cessez-le-feu tellement rapide qu'il est inutile maintenant encore de demander
qui en est le responsable. Le CEPMES, de son côté, attend patiemment
la première infraction au Droit de la guerre. Les deux protagonistes méprisant
royalement ce dernier, il n'eut pas à être très patient.
L'intervention de la Force d'interposition marque d'une certaine façon
une nouvelle ère: pour la première fois dans l'histoire, un
tierce partie neutre (ou supposée telle) a les moyens de mettre fin à
une guerre. Dans la pratique, la première intervention de la Force d'interposition
a bien failli être la dernière. En effet, l'efficacité de
cette intervention fut telle que tous les gouvernements de la Sphère décidèrent
d'emballer la FI dans une dose indécente de paperasserie.
Cette Troisième guerre stellaire mit aussi en évidence la tendance
des peuples terriens à jouer avec les Forces Indomptables. Témoin
la disparition d'une des planètes de la Fédération des Hautes-Terres,
de ses trois satellites et des 3500 colons stationnés sur place, suivi
par celle d'une station militaire karlan, puis d'un des croiseurs de ligne altoterriens,
laissant un gros trou au milieu du starport d'Orion. Les hypothèses envisagées
flirtèrent avec le farfelu, y compris l'ouverture d'une des Sept Portes
de l'Enfer (oui, MysteryNetwork, comment avez-vous deviné?).
Sommée par le CEPMES de s'expliquer sur les raisons de cette catastrophe,
la Fédération se retranche derrière le secret militaire,
finit par avouer qu'il s'agit d'une arme basée sur l'emploi d'antimatière
à l'état quasi-pur. Ce genre de recherches à buts militaires
étant interdites depuis la fin de l'Arlauriëntur, la révélation
fait scandale. Quelques années plus tard, les Altoterriens mettent au point
les Fulgurants, concluant que l'antimatière non abâtardie, est trop
instable.
2141 (6-98-22): La Fédération des Hautes-Terres conquiert
quatre colonies extérieures karlan de petite importance économique
en moins de trois mois. La Fédération en profite pour se faire jeter
une fois de plus du CEPMES.
2147 (6-98-28):
(16 mars): Une station Karlan se respire une magnifique éruption,
contrecoup d'une bombinette thermique dans un volcan voisin. Protestation solenelle
du CEPMES, le Haut-Commandement Karlan formant le Choeur des Malheureuses Victimes
derrière. Excuses mielleuses de la Fédération ("Je nettoyais
mon missile, le coup est parti tout seul..."), qui promet qu'elle ne le fera
plus. Entretemps, une seconde base Karlan disparaît mystérieusement
(avec 200 km2 de terrain avoisinant) dans un glissement de terrain
monumental.
(19 mars): Débarquement du premier contingent de la Force d'Interposition,
surnommée par la suite Dead-Stop Division.
(20 mars): Trêve et retrait des forces en présence sur
la pauvre planète, qui commençait à se sentir un peu mal.
Cela n'empêcha pas la guéguerre de continuer deux mois plus tard,
sur une autre planète et sur un ton un peu plus correct aux yeux omniprésents
du CEPMES!
2154 (6-98-35): Le front entre le Haut-Commandement Karlan et la même
Fédération des Hautes-Terres se stabilise dans le courant de l'année,
si l'on excepte les sempiternelles escarmouches entre blocs.
(31 novembre): Signature d'un cessez-le-feu, qui arrange bien la Fédération.
En effet, celle-ci aura gagné au moins une demi-douzaine de planètes.
Interlude...
Les événements de la fin du 21e siècle ont montré
une tendance inquiétante: la conjonctions des intérêts des
milieux nationalistes, terroristes et criminels. En clair, il est de plus en plus
difficile de faire la différence entre terroristes, nationalistes et mafieux.
Suite à l'incendie de Manhattan, les actions coordonnées des appareils
nationaux terriens ont réussi à extirper les éléments
les plus brutaux de ces milieux -- ou tout au moins à faire passer de mode
les actions brutales et de grande envergure. En conséquence, beaucoup de
ces groupes n'ont rien trouvé de mieux que d'exporter cette forme de culture
terrienne vers le reste de la Sphère, qui n'en demandait pas tant...
Le phénomène ne va pas prendre racine tout de suite. Il se cantonne,
dans un premier temps, dans les colonies terriennes, avant de commencer à
s'étendre gentiment dans le reste de la Sphère. Cela dit, ce serait
faire preuve d'angélisme que de penser que les civilisations eyldarin et
siyansk n'avaient pas elle non plus de criminalité organisée; dans
le cas des Siyani, on peut même dire que c'est tout leur appareil étatique
qui fonctionne comme tel. Bien que de mentalité et de culture différentes,
tous ces groupes se retrouvent sur un point important: ils n'aiment pas la concurrence.
Ainsi, les conflits corporatifs entre GIC et GMS -- et leurs hommes de mains
mafieux et assimilés -- peuvent très bien se lire dans l'optique
d'une guerre de territoire. Ainsi, lorsque la GIC tente de s'implanter sur les
terres de la GMS, il ne faut pas longtemps, d'une part pour que l'Asssilvhyerd
siyansk vote une loi anti-emmerdeurs, interdisant aux corporations n'ayant pas
leur siège social en GMS de prendre part au Conseil de Gestion, d'autre
part pour que de fréquentes échauffourées opposent les groupes
criminels assistés par l'une ou l'autre des guildes.
Pour contrer la propagation du terrorisme et autres activités du même
genre, le CEPMES crée coup sur coup l'Interstellar Criminal Police
(ISCP) et la Patrouille Omega, chargées l'une de coordonner l'action
des forces de police des différents États, l'autre de la lutte antiterroriste
sur le terrain. Si la première fait parfaitement son boulot, la Patrouille
Omega fait plutôt dans la bavure et les gros cartons tous azimuts.
2161 (6-98-42): La Guilde Intergalactique du Commerce annonce l'implantation
de sa première agence sur le territoire de la Guilde Marchande Siyansk.
Vent de panique sur les places boursières, où les indices respectifs
des deux compagnies jouent au yo-yo.
2171 (6-98-52)
(1er janvier): Les habitants de Central City se réveillent
ce jour-là avec la gueule de bois et la désagréable impression
d'être observés. Quelques centaines de kilomètres plus haut
se trouve un satellite géostationnaire qui n'était pas là
avant. Explication de gravure avec l'Alliance Nord-Atlantique, qui répond
que c'est même pas vrai, qu'ils n'ont rien fait et qu'ils ne sont même
pas au courant, etc.
(16 janvier): Après dissipation des doutes, la douloureuse question
reste: qui? Tactique altoterrienne habituelle: on blaste d'abord, on enquête
ensuite! L'engin absorbe tout ce qu'on peut lui envoyer, de l'onde radar au radiant
BevaWatt, sans même broncher d'un quart de centimètre.
(7 février): Quelque peu courroucée, la Fédération
envoie des commandos d'élite investir l'objet et le réduire à
l'état de confetti cosmique. Après moult problèmes, ils finissent
par rentrer dans le satellite, pour ne trouver à l'intérieur rien
d'autre qu'un message de revendication, signé l'Autre Voie et qui se termine
par: "Ce satellite s'autodétruira dans cinq secondes...". Bilan:
19 morts.
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